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MontbaZine 2019

ADM





Quelque plantes dépolluantes courantes


Alyssum bertolonii


Astragalus bisulcatus


Peupliers


Tabouret bleuatre
(Thlaspi caerulescens)



Tournesol
(Helianthus annuus)





Plantes dépolluantes


Certaines plantes peuvent extraire du sol les métaux lourds qu'il contient : c'est la phytoremédiation (1). Le procédé est connu mais pas si simple : il faut choisir les bons végétaux, qui accumulent ces atomes avec une efficacité étonnante. En région parisienne, une expérience menée depuis deux ans affiche un très bon bilan.

Une dépollution intéressante pour réoccuper d'anciens sites industriels
Contrairement à d'autres plantes qui bloquent les métaux aux racines, les saules et les arabettes "facilitent l'absorption des métaux, qui montent avec la sève dans les feuilles". C'est la fraction la plus mobile des métaux, donc la plus susceptible de souiller les nappes phréatiques ou de contaminer d'autres surfaces, qui est ainsi absorbée. D'où vient cette rarissime et précieuse propriété qui pourrait faire économiser des millions d'euros aux collectivités ? "On ne sait pas, ça pourrait être des défenses contre les herbivores, qui sentent les métaux en quantité importante et ne mangent pas la plante", avance Valérie Bert chercheuse à l'Inéris (2).

Les résultats sont probants après deux ans d'expérimentation. La chercheuse a constaté que les saules et les arabettes accumulaient toujours davantage de métaux : quatre fois plus de zinc que l'an dernier et deux fois plus de cadmium. La technique n'est cependant pas la panacée en dépollution pure, prévient Michel-Pierre Faucon, enseignant-chercheur en écologie végétale à l'Institut polytechnique LaSalle de Beauvais (3) : "Ces plantes ont de petites biomasses, donc il faudrait des centaines d'années pour phytoextraire la pollution de sols très contaminés. Cela fonctionne quand la pollution est moyennement intense, et sur de petites surfaces les sols sont souvent excavés et traités à part", ajoute-t-il pour relativiser le rôle que jouera à l'avenir la phytoextraction dans la dépollution.


Les métaux capturés peuvent être recyclés
Pour autant, son faible coût et son intérêt pour l'aménagement paysager pourraient lui assurer une place au soleil des politiques publiques, dans la mouvance actuelle des écoquartiers. La phytoextraction s'inscrit aussi dans l'économie circulaire. Les métaux stockés dans les feuilles et tiges des végétaux peuvent en effet être réemployés en "écocatalyseurs dans les procédés pharmaceutiques et chimiques", selon Valérie Bert.

Source :  www.futura-sciences.com